LE POLLET | Actualité | 01/04/2011

Mobilisation contre neuf fermetures de classes

MicheletNeuf classes sont menacées de fermeture à la rentrée prochaine sur les écoles maternelles et élémentaires dieppoises. Parmi elles, sept sont situées en Zone d'éducation prioritaire.

La règle à calcul de la nouvelle carte scolaire est implacable. En maternelle, malgré une hausse attendue des effectifs, les situations des écoles Delaunay et Langevin-Michel, classées en Zone d’éducation prioritaire (Zep) vont être “observées” , mais risquent de perdre chacune une classe.

En élémentaire, les établissements L. de Broglie et J. Prévert ainsi que cinq autres établissements classés en Zep (Delaunay, Langevin, Paul-Bert, Ferry et Michelet) sont en ligne de mire.

Ces décisions, présentées le 28 mars lors de la réunion de l’Instance locale de concertation sur l’évolution des réseaux des écoles (Ilcere), doivent être officiellement arrêtées au cours du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) programmé le 8 avril à la préfecture de Rouen.

Diverses actions de protestation

Conséquence concrète de ces fermetures : une augmentation significative du nombre d’enfants par classe. En maternelle, à Delaunay, la moyenne passerait de 19 à 22,16 et à Langevin-Michel, de 21 à 25,2 ! Dans ce dernier cas, la moyenne irait même au-delà du seuil maximum de 25 enfants à charge en Zep, établi par l’Inspection d’Académie. En revanche, les ouvertures de classe attendues dans les maternelles (hors Zep) Blainville, Thomas, Triolet et à l’école élémentaire Desceliers, n’ont, elles, pas été accordées en dépit du dépassement d’autres seuils préconisés.

De plus, les fermetures en élémentaire vont conduire à un développement de classes à double niveau, comme, par exemple, à l’école Michelet (Zep) où le poste “provisoire” octroyé l’an dernier ne sera pas reconduit.

Alors qu’elles concentrent déjà tous les signes objectifs d’exclusion sociale, ces écoles estampillées Zep se voient désormais privées de moyens. Cette remise en cause du concept originel qui avait amené à la création des Zep, « donner plus à ceux qui ont le moins », porte le sceau d'une véritable double peine infligée aux élèves de ces quartiers. « C’est le plus fort retrait de postes dans le Département depuis au moins dix ans », s’insurge Marie-Luce Buiche, déléguée SNUIpp.

D’autant plus qu’aucune ouverture de classe n’est envisagée alors que les effectifs des écoles Blainville, Thomas, Triolet ou Desceliers le laissaient présager, la communauté éducative dieppoise se mobilise pour faire reculer le Rectorat.

Parents d’élèves et enseignants (FCPE, CGT Educ’action, SE-Unsa et SNUIpp-FSU) de Dieppe et son agglomération appellent à trois actions fortes.

Le mardi 5 avril, les parents sont invités à ne pas envoyer leurs enfants à l’école de la journée dans le cadre d’une opération “école morte”.

Le mercredi 6 avril, l’ensemble de la population est conviée à une marche de protestation. Départ à 9h des écoles Langevin (Neuville) et Ferry (Janval) pour rejoindre le pont Ango à 10h30 puis aller manifester devant les Inspections de l’Education nationale (école Desceliers) à 11h30.

Le vendredi 8 avril, un rassemblement est prévu devant l’Inspection d’académie à Rouen à 10h30, pour mettre la pression sur le CDEN. Rendez-vous est fixé sur le parking de Kiabi à 8h30 pour mettre en place un co-voiturage.

Des actions plus ciblées ont également lieu : à Michelet par exemple, une opération “école morte” a été menée le 1er avril (notre photo). A l’école Louis de Broglie, les parents sont invités à occuper la cour de l’école en signe de protestation le mardi 5 avril à partir de 15h.