CENTRE VILLE | 08/12/2009

Collecte et traitement des déchets en débat

Usine-incineration« A l’horizon 2017, date à laquelle de gros travaux seront nécessaires pour remettre l’usine d’incinération aux normes, celle- ci sera condamnée à disparaître si elle demeure sous-utilisée et si nous n’arrivons pas à atteindre les 30 000 tonnes nécessaires pour l’inclure dans le plan départemental d’élimination des déchets ». Pour ne pas subir cette situation, la Ville de Dieppe et la communauté d’agglomération financent actuellement une étude technique, juridique et financière pour voir s’il y a lieu ou non de transférer les compétences de la collecte et du traitement des déchets à l’agglomération. Après les résultats de l’étude, en mars, le Conseil municipal de Dieppe et le conseil d’agglomération devront se prononcer sur le sujet. « Mais nous nous tournons dès aujourd’hui vers les Dieppois pour étudier avec eux les méthodes de réduction des coûts de la collecte et du traitement des déchets, tout en les optimisant, notamment en améliorant les comportements éco-citoyens ».

C’est en ces termes qu’Eric Tavernier, adjoint au maire en charge de l’Environnement, introduisait le 7 décembre dernier une réunion publique sur la collecte et le traitement des déchets. L’occasion aussi de revenir sur les conditions dans lesquelles le ramassage des ordure ménagères de Varengeville, Ste-Marguerite et Hautot, jusqu’ici assuré par la Ville de Dieppe, a récemment été confié à une entreprise privée, le traitement de ces déchets étant quant à lui confié à Ikos – une entreprise d’enfouissement des déchets – pratique certes économique, mais peu écologique.

« Le président de la communauté d’agglomération vient de confier la collecte des ordures ménagères de sa commune à Veolia. Quelles garanties aurez-vous à terme que la collecte ne revienne pas à Veolia si il y avait transfert de compétence l’agglomération ? », interrogeait Bruno Ricque. « Ne m’accusez pas de vouloir me marier avec le diable, rétorquait Eric Tavernier, la Ville est très attachée au service public et entend prendre des garanties pour l’avenir. Si transfert de compétence il y a, le cahier des charges stipulera expressément la pérennité du statut public des agents de la collecte. Mais il faut avoir à l’esprit que sans ce transfert de compétence, l’agglomération continuera de perdre 1 million d’euros par an ».

Preuve supplémentaire de l’attachement de la Municipalité au service public et de ses efforts pour le rendre plus efficace : dès janvier prochain, la collecte des encombrants actuellement confiée à Veolia reviendra au service public. Avec cette régie publique, il sera possible dès le mois de mars de prendre rendez-vous individuellement avec le Centre technique municipal pour faire enlever ses encombrants. Une manière aussi de remédier aux dépôts sauvages d’encombrants en dehors des créneaux de collecte. Par ailleurs, l’entretien des conteneurs confié auparavant à Citec se fait désormais en régie.

L’un des points de réflexion de cette réunion publique a porté sur le tri sélectif. « Nous avons de gros progrès à faire, a expliqué Eric Tavernier, surtout en ce qui concerne le ramassage du verre et des matières plastiques où nous sommes bien au-dessous de nos possibilités. Cela ampute les finances de la ville de ressources certaines et pourtant nous avons un conteneur à verre pour 500 habitants, ce qui est dans les normes ».

Dans l’assistance, Monique Sérot, dieppoise très impliquée dans la démarche éco-citoyenne, plaidait en faveur du paiement d’une redevance en fonction du poids des ordures ménagères ne rentrant pas dans le tri sélectif, ce qui inciterait les habitants à faire des efforts.

« Dans l’état actuel, cela pénaliserait les habitants qui vivent en habitat vertical, puisque beaucoup d’immeubles sont encore équipés de vide-ordures, expliquait Eric Tavernier. Nous aurons d’ailleurs des rencontres avec les bailleurs sociaux pour remédier à cette situation ».

L’élu interrogeait également les habitants présents : « Les possesseurs de jardins sont-il prêts à composter leur déchets putrescibles, si on les équipe de composteurs ? »

Monique Sérot proposait alors d’aller plus loin dans cette démarche en faisant appel à « des maîtres composteurs bénévoles qui, dans certaines villes, expliquent aux habitants le mode d’emploi du compostage et ses bienfaits pour l’environnement ». Elle relevait aussi qu’il est difficile de favoriser le tri sélectif, et donc de réduire le tonnage de déchets, et de garantir dans le même temps des tonnages suffisants pour pérenniser l’usine d’incinération. Cette question permit à Eric Tavernier de rappeler que des prospections avaient lieu pour obtenir de nouveaux tonnages et pour inciter les usines et stations d’épuration environnantes à faire incinérer leurs boues au lieu de les épandre.

D’ores et déjà, les habitants sont appelés à faire preuve d’éco-citoyenneté et de solidarité en apportant leurs sapins non floqués dans les points de collecte prévus à cet effet. Par ailleurs ceux qui veulent récupérer les broyats pour mettre leurs plantes hors-gel pourront le faire.

La prochaine réunion sur la thématique des déchets aura lieu le 19 janvier à 18h, à la MJP. Elle s’adresse aux habitants de Janval, des Bruyères et du Val Druel.