L’acquisition par le Syndicat mixte du port de Dieppe, gestionnaire du port depuis janvier 2007, de moyens de levage et l’aménagement des terre-pleins constituent un signal fort en direction des opérateurs portuaires, qui savent déjà disposer à Dieppe d'un personnel qualifié et d’une situation géographique idéale pour une activité de commerce ouverte sur la Manche.
Le port de commerce de Dieppe, autrefois spécialisé dans le trafic fruitier, cherche un nouveau souffle. Ce vent nouveau, tourné vers les trafics de niche, est impulsé par le transit d’éléments d’éoliennes.
En 2008, l’activité commerciale du port a affiché une hausse moyenne de plus de 16 %. Le trafic portuaire a ainsi atteint 596 203 tonnes contre 512 357 en 2007. Avec 350 000 tonnes (+6,75 %), c’est le marché des graves de mer qui génère la plus grande activité.
Derrière, l’usine de triturage de graine, Saipol, a échangé 164 000 tonnes d'oléagineux à Dieppe en 2008. Son exportation d’huile a d’ailleurs bondi de 40 %.
Ensuite, si les quantités sont moins importantes, la progression, elle, est encore plus forte. L’export de broyats de pneus a plus que doublé (6 000 tonnes en 2008 contre 2 800 en 2007) et de la même manière, Human et Taconet, principal opérateur du port de Dieppe, a vu son trafic plus que doubler. L’entreprise a ainsi importé 1 800 tonnes d’éléments d’éoliennes alors qu’en 2007, cette activité n’avait pas atteint 900 tonnes.
L’espoir pour revitaliser l’activité dans le bassin de Paris, c’est aussi le projet d’installation de la société Uralchem Normandie sur l’ancien site Dieppe Fruits. Le dossier initié par la Municipalité est en cours d’instruction à la Dreal qui doit rendre ses conclusions sur les dangers ou bien l’absence de risque liés au transport, au malaxage ou au stockage des engrais russes.
Si la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement donne son feu vert, 200 000 tonnes d’engrais sec pourraient être importées chaque année de Russie par voie maritime. Au sein d’une unité de malaxage et de stockage, le processus prévoit l’adjonction de 25 % d’eau aux granulés d’engrais azotés qui seraient ensuite transportés sous forme liquide vers les terres agricoles du nord-ouest du pays.
Selon les prévisions, plus d’une vingtaine d’emplois sont suspendus à cette implantation, sans compter l’activité générée au niveau de la réception portuaire, de la maintenance des installations et du transport du produit fini.