En 1643, le Père Georges Fournier signale dans son ouvrage Hydrographie... (Au 3129), des journaux de voyage que les capitaines ou pilotes devaient remettre à leur retour entre les mains des officiers de l'Amirauté. « Tout plein de pilotes, écrit-il, ont dépeint en leurs registres les costes et les havres où ils ont abordé. J'en ay vu quantité à Dieppe en des papiers-journeaux, de nos anciens pilotes, très naïvement représentés et avec beaucoup d'art et de circonspection; et il n'y a aucun havre où il ne s'en trouve quantité de semblables. »

Carte du monde issue du traité d'hydrographie attribué à Jean Guérard.
L'Afrique, fréquentée très tôt par les Normands, leur est bien connue au début du XVIe siècle et Pierre Desceliers à Dieppe donne déjà des renseignements précis sur la faune et la flore de ce continent. Desceliers écrit sur son planisphère de 1550 (une copie postérieure est conservée au Château-Musée de Dieppe): « Aulcuns cosmographes ont conjoinct l'Asie avec la Floride, Neuve Espaigne, Terre ferme et Amérique, et disent icelle estre partie de Asie mais l'opinio d'iceulx n'est à s'ensuyir autant qu'elle n'appert par certaine experience ne par raison ». Cette affirmation annonce le fait que l'Amérique n'est pas reliée à l'Asie.

Grand Brigandin par Le Chevalier (Mss 121).
Une école de cartographie dieppoise sera créée avec Pierre Desceliers, école qui lui survivra et produira de fameux cartographes locaux comme Jean Roze ou Jean Guérard. Nous conservons de ce dernier un manuscrit somptueux: Traité d'hydrographie et art de naviguer , manuscrit sur parchemin, 1630, reliure aux ancres, maroquin rouge (Mss 294). Voyageur, Jean Guérard enseigne l'hydrographie à Dieppe où il succède à Pierre Desceliers. L'ouvrage évoqué ci-dessus était sans doute un manuel de travail pour l'école d'hydrographie dieppoise.
Le manuscrit est composé d'un discours sur l'hydrographie ou art de naviguer et de onze figures dont plusieurs sont composées de cadrans mobiles et articulés.
Traité d'hydrographie et art de naviguer attribué à Jean Guérard, manuscrit sur parchemin, reliure aux ancres, maroquin rouge. (Mss 294)