Depuis la création de la bibliothèque, les collections se sont accrues régulièrement pour atteindre 35000 volumes aujourd'hui. Le premier catalogue imprimé de 1857 est dressé par Arsène Morin qui comptabilise alors 8000 volumes. Cet accroissement est du au fait que depuis sa création, la bibliothèque reçoit de nombreux dons identifiés grâce aux précieux registres d'inventaire. La constitution des collections a toujours reposé en grande partie sur la générosité de particuliers ou d’institutions publiques.
Les grands lecteurs et érudits du XIXe siècle sont également les donateurs les plus généreux. Ils se nomment Victor Langlois , orientaliste, Charles Lebon, négociant et maire de Dieppe ou encore La duchesse de Berry. Cette dernière lance la grande mode des bains de mer en fréquentant l'établissement de 1824 à 1829 et fait des dons prestigieux à la Ville. En effet, elle offre des volumes reliés par Simier, ils illustrent à la fois son goût pour la bibliophilie mais aussi son attachement à Dieppe.
En 1937, Edouard Le Corbeiller enrichit sérieusement ce patrimoine en remettant, le Missel des Plaies (missa quinque plagis, fin XVe), seul manuscrit médiéval enluminé conservé actuellement dans le fonds.
Les bains Caroline (1822-1839) de Fielding gravé par Hawell.
Photo 21: Galerie de son Altesse Royale Madame la duchesse de Berry. Ecole française, peintres modernes. Ouvrage lithographié par d'habiles artistes sous la direction de M. le Chevalier Bonnemaison.
Paris : imp. de J. Didot l'ainé, 1822 . Reliure maroquin vert signé Simier relieur du roi, fleurdelisée aux angles, motifs estampés à froid sur les plats. Ex dono encadré à chaud: « Donné par S.A.R. Madame, Duchesse de Berry à la Bibliothèque de la Ville de Dieppe; Dpt de la Seine-Inférieure « avec au centre les armoiries de la Duchesse. 2 volumes in-folio. (Afff 5)
Missel des plaies, 1er folio. : Au centre bas, écusson de gueules à la croix d'argent chargée de cinq coquilles de sable et au bas à droite, un personnage à genoux priant en robe rouge. Ex-libris et don de E. Le Corbeiller. (Mss 182)
Missel des plaies, 6e folio. (Mss 182)
Les dons contemporains et la politique d'acquisition patrimoniale de la ville largement soutenue par le Fonds Régional d'Acquisition des Bibliothèques de Haute-Normandie permettent encore aujourd'hui d'étoffer un fonds déjà remarquable.
Voici ci-dessous les dons les plus significatifs reçus dernièrement:
Le livre et l'enfant: Le don de Mr François Casanova
En 2006, la bibliothèque a recueilli un don particulièrement intéressant de livres pour enfants du XIXe siècle. Ces Enfantina ont été donnés à la ville, par Monsieur François Casanova qui a exercé les fonctions de bibliothécaire à Dieppe au début des années 1960. Ce don a été valorisé par une exposition Le livre et l'enfant au XIXe siècle, le fonds Casanova. Ce fonds de 120 ouvrages consacrés à la littérature d'enfance et de jeunesse offre une orientation inédite aux collections, ces ouvrages invitent à un voyage extraordinaire dans le temps, une rencontre patrimoniale entre le livre et l'enfant couronné par l'épanouissement de l'illustration. Ce don témoigne de plusieurs évolutions propres à l'édition du XIXe siècle: le livre devient un objet pour l'enfant et se démarque de la production pour adultes. On ne conçoit plus de s'adresser à l'enfant sans avoir recours à l'image et aux grands illustrateurs du moment. Le livre entre également dans sa phase industrielle: la reliure d'éditeur fait passer l'habillage des livres de l'ère artisanale à l'ère industrielle. Le succès du livre dépend de sa présentation : les cartonnages d'éditeurs s'imposent désormais, qu'ils soient en papier gaufré et doré ou en toile rouge et or. Le livre pour enfant au XIXe siècle reflète aussi une évolution des mentalités dans son contenu, en passant d'une formation morale et spirituelle de la jeunesse avec l'hégémonie des bibliothèques de jeunesse chrétienne, à une littérature plus récréative mais instructive et patriotique. Cette évolution éthique se répercute dans la répartition géographique des maisons d'édition: au monopole provincial de la première moitié du siècle avec des éditeurs comme Mégard à Rouen succède l'avènement des grands éditeurs parisiens tel Hachette ou Hetzel.
image Cartonnage d'éditeur Jules Verne
Affiches : Don d’un particulier reçu en 2008
Douze affiches anciennes relatives à Dieppe ont rejoint le fonds ancien, il s'agit d'affiches touristiques, d'affiches du Circuit Auto de Dieppe et d'affiches évenementielles comme celle de la Course au trot de Dieppe.
Course au trot de Dieppe du 29/07/1928 illustrée par Malespina. (63x80 cm.)
Dons de l’Association des Amys du Vieux Dieppe
Cette association soutient les actions du fonds ancien et local par des aides en « nature » (prises de vues) mais aussi par des dons remarquables.
L'album de lithographies d'Adolphe Maugendre donné par l'association en 2009 illustre le lien qui l'unit au fonds ancien. L’ouvrage réunit 19 lithographies en couleur sur Dieppe et ses alentours comprenant églises, monuments et sites pittoresques Cet ouvrage est rarissime quand il est complet comme c’est le cas ici.
Maugendre : Dieppe et ses environs, suite de 19 lithographies couleur hors-texte.
Cartonnage d’éditeur, à Dieppe Chez A. Marais fils, imprimé par Auguste Bry.
Format oblong (27 x36 cm). [1860].
Don de l’Association des Amis de Georges Marchand
Don de plus de 1000 négatifs en nitrate de cellulose de l’Association des Amis de Georges Marchand représenté par M. Pierre Verbraecken.
Ce fonds photographique unique est un témoin majeur pour l'histoire de la Ville de Dieppe mais aussi pour l'histoire de la photographie.
Georges Marchand modernise tout d'abord l'atelier de reliure familiale en inventant un système de reliure permettant de réduire le prix de revient. Ensuite, il fait construire un atelier et un laboratoire de photographies au dessus de l'immeuble 174 grande rue puis se lance dans la photographie.
Georges Marchand est un des premiers à utiliser le procédé de la phototypographie pour réaliser des cartes postales qui ont un grand succès.
Dieppe et sa région sont le champ de son activité photographique et il n'est pas un lieu dont il ne sait pas rendre le caractère avec un sens très artistique.
Certaines de ses cartes ont eu un tirage considérable à l'époque. Nombreux sont les dieppois qui conservent des photographies de famille réalisées dans l'atelier de l'allée Trianon et qui portent la signature de Georges Marchand.