Camille Saint-Saëns et Dieppe

Photo-42.jpgLe Maître Camille Saint-Saëns sur la plage de Dieppe. Musica, juin 1907. Bibliothèque Saint-Saëns. (Eff 1-4).

Le compositeur Camille Saint- Saëns (1835-1921) a des origines dieppoises par son père. Son lien avec Dieppe et notamment sa relation épistolaire avec son cousin Léon Letellier, bibliothécaire de la ville ont favorisé les dons successifs qu'il fait à la ville à partir de la fin des années 1880.

Camille Saint-Saëns est incontournable à Dieppe, une statue lui a été érigée en 1921, il a été célébré en 2008 par une exposition au Château-Musée sous l'expertise d'Yves Gérard, spécialiste international du compositeur.

Dans la collection Catalogue des fonds musicaux anciens conservés en Haute-Normandie, sortira prochainement un volume consacré au fonds Saint-Saëns ( sous la direction de Johan Elart, maître de conférence et musicologue à l'université de Rouen), conservé à Dieppe. Jusqu'en 1923, bibliothèque et musée, ne faisant qu'un, les collections données par le compositeur n'ont pas immédiatement trouvé leur lieu de conservation idéal et approprié. Ainsi, diplômes et médailles étaient il y a peu, encore conservés à la bibliothèque, tandis que les partitions étaient localisées au Musée. Une répartition plus pertinente des collections a été rendue possible, avec l'aide de l'expertise du Comité Scientifique Camille Saint-Saëns

Les collections de la Médiathèque se répartissent en deux grands thèmes; la bibliothèque littéraire et la bibliothèque musicale du compositeur.

La bibliothèque littéraire (environ 600 volumes)

Son grand-oncle maternel (Masson) était libraire et par conséquent amateur de beaux livres. La bibliothèque personnelle de Saint-Saëns reflète cet héritage classique qui a nourri la formation humaniste de l'adolescent et a développé en lui le goût de la lecture et de l'écriture littéraire. Emile ou l'éducation de Rousseau est présent dans une édition de 1772, Corneille et Molière font également partie de sa bibliothèque dans des éditions du début du XIXe siècle, ainsi que Régnard ou Virgile. Goût classique dont il ne s'est jamais détourné, en témoignent ses chroniques comme Harmonie et Mélodie, Portraits et Souvenirs, Ecole Buissonière, et Au courant de la vie.

Ses lectures alimentent son inspiration musicale surtout quand il flirte avec les auteurs dramatiques. Saint-Saëns a 5 ans et demi quand il compose sa première mélodie en 1841, Le Soir, inspirée des Poésies inédites (1830) de Mme Desbordes-Valmore. C'est le début d'une relation fructueuse entre le livre et les compositions musicales pour le Maestro. On retrouve ainsi dans sa bibliothèque, La danse macabre et le Livre du néant d'Henri Cazalis, Les Pensées tristes d'Armand Renaud qui seront traduites musicalement par Saint-Saëns dans les Mélodies Persanes.

Sa bibliothèque reflète également ses amitiés, beaucoup d'ouvrages lui sont dédicacés notamment par Flaubert, Tourgueniev ou Flammarion pour les plus célèbres d'entre eux. Son intérêt éclectique pour les sciences se manifeste aussi. Alors qu'il pratiquait rigoureusement la religion, vers ses trente ans, il est persuadé que c'est la science qui lui permettra de décrypter le monde et non plus la religion. Astronomie, botanique et zoologie sont alors ses domaines de prédilection.

La bibliothèque musicale. (environ 800 partitions)

Ce fonds musical n'est pas exceptionnel en lui même, puisque la majorité des partitions conservée Photo 4.JPGest l'œuvre de musiciens oubliés aujourd'hui. Cependant, presque tous ces documents sont agrémentés d' envois-autographes au « Maître Camille Saint-Saëns ». Ces documents étaient généralement envoyés au compositeur avec l'objectif de se faire connaître auprès du compositeur.

La médiathèque conserve plusieurs partitions manuscrites dont une inédite, ébauche d’une sonate pour piano et violoncelle.

Proserpine, opéra comique, Partition autographe offerte par Camille Saint-Saëns à la bibliothèque de Dieppe. Bibliothèque Saint-Saëns. (Mss 201).


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Sur les bords du Nil, partition autographe de Camille Saint-Saëns.