DIEP/Dip/

Festival de la côte d’albâtre

Du 10 juillet au 19 septembre 2010

Les impressionnistes ont révolutionné la peinture en donnant à voir une impression subjective d’un paysage, et non plus une représentation objective du monde.

Cette nouvelle conception de l’art est toujours de mise dans la pratique d’artistes contemporains, qui traitent du réel à travers le prisme de leur sensibilité et de leurs perceptions.

Le festival DIEP propose de revisiter les lieux historiques et emblématiques de la région dieppoise, en invitant des artistes à investir ce territoire et à s’inspirer de son patrimoine artistique. Les oeuvres présentées, parfois pensées et créées pour le lieu, réactiveront l’Histoire et les histoires : elles seront à voir comme de nouvelles impressions, qui valorisent la richesse patrimoniale en la réactualisant.

Les paysages, l’architecture, l’activité sociale, en bref les spécificités géographiques et humaines constituent autant d’aspects évoqués par les impressionnistes autrefois et les artistes d’aujourd’hui. Un parcours, allant du Manoir d’Ango à la centrale de Penly et prenant l’approche impressionniste comme fil conducteur, permettra de re-découvrir ces sites remarquables avec un nouveau regard. Des figures emblématiques liées à la région telles que Debussy, Ravel, Renoir, Maupassant, Monet, Cocteau, Turner ou Wilde seront les guides de cette balade culturelle ; des installations plastiques, des films, des photographies, des concerts, en seront les étapes à explorer.

Médiathèque Jean Renoir

1 quai Bérigny, Dieppe (jusqu’au 29 août)

dep.jpgSimon Faithfull We Climbed round a final ridge and saw a whaling-boat entering the bay 2500ft, below. A few moments later we saw the sheds and factory of Stromness whalingstation. We paused and shook hands. Ernest Shackleton, 2005 Vidéo, 12mn

Des otaries se sont appropriées une station de pêche désertée par les hommes. La scène est incongrue, drôle et poétique ; rien de dramatique dans cette disparition de la présence humaine, puisque le lieu est devenu le terrain de jeux des animaux. En 2005, Simon Faithfull part en Antarctique avec une équipe de scientifiques sur le navire Ernest Shackleton.

Cette vidéo fait partie du Ice Blink Project, c’est-à-dire de ce voyage, et de ce que l’artiste en a ramené afin d’en rendre compte. Le titre raconte la découverte de la station de pêche, suggérant que la vidéo serait une sorte de journal de bord : l’artiste rapporte ce qu’il a vu, ses impressions de voyage, ici sa surprenante rencontre avec des otaries.

Château-Musée

Rue de Chastes

diep-2.jpgAnge Leccia La Mer, 1991, vidéo, 4mn. Dans cette vidéo sans début ni fin, Ange Leccia enregistre avec un point de vue inhabituel le mouvement infini des vagues, qui se forment puis viennent s’épuiser sur la plage. Le rythme de la mer, le silence, les couleurs intenses et la transformation des formes fascinent et invitent à la contemplation. Pour les peintres impressionnistes, la mer était un sujet idéal pour rendre compte de la lumière et du mouvement, ainsi que des couleurs de l’eau et du ciel variant à chaque instant. Chez Ange Leccia, les phénomènes naturels permettent aussi de donner à voir l’apparition et la disparition de l’image, sa matérialité.

Gabor Ösz Stavern B. (Norvège), 2001 Photographie Cibachrome camera obscura La pratique de Gabor Ösz est fortement déterminée par la technique qu’il emploie : le sténopé, ou camera obscura. Le sténopé permet d’obtenir des photos sans appareil photo, et sans passer par le négatif puisque c’est le papier qui est directement exposé. Cette photo fait partie de la série The Liquid horizon, que l’artiste a réalisé à partir des blockhaus du Mur de l’Atlantique. Gabor Ösz a utilisé les blockhaus comme des camera obscura : en laissant le papier photo pendant au moins 4 heures à l’intérieur, il obtient une photo du paysage visible par les meurtrières. A l’opposé d’un instantané, c’est l’image d’une durée, puisque les seuls éléments que l’on peut voir sont ceux qui n’ont ni changé ni bougé. D’une certaine façon, c’est la démarche inverse de celle des impressionnistes, qui cherchaient justement à saisir l’instant.

Andy Gillet et Philippe Terrier-Hermann, Persicaire, 2010 Film, 8mn Ce film réalisé spécialement pour le Festival par Andy Gillet et Philippe Terrier-Hermann propose une visite subjective du Bois des Moutiers, ensemble architectural et parc conçus en 1898 par le célèbre architecte anglais Edwin Lutyens avec l’aide de la paysagiste Miss Gertrude Jekyll. Cette sublime propriété Arts & Crafts a reçu nombres d’hôtes de prestige et a marqué nombre d’artistes de la période impressionniste à nos jours. Le film présenté au Château-Musée de Dieppe, à proximité des peintures de Jacques Emile Blanche, s’inspire librement des souvenirs de la visite de la propriété que ce dernier a faite avec Jean Cocteau en 1913. Ce souvenir du Bois des Moutiers fait partie d’un ensemble d’écrits et de dessins considéré par l’auteur comme sa première oeuvre : Le Potomak.

DSN - 24 juillet 2010 

18:30 : un voyage impressionniste à travers la collection vidéo du centre pompidou par Florence Parot

20:30 : Une Partie de campagne, de Jean Renoir

film, 42 mn, 1936

La dérive, de Philippe Terrier-Hermann

film, 60 min, version française sous-titrée anglais, 2009