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  • Mini-sites > 19 août 1942 > 19 août 1942 : l'opération Jubilee

    L’armée canadienne en guerre

    Le 1er septembre 1939, le Canada décrète « l’état de danger de guerre » et mobilise sa milice. Les fusiliers Mont-Royal, régiment canadien-français, demandent leur envoi outre-mer, mais matériels et équipements font défaut. Le 10 décembre, 7 449 officiers, sous-officiers et soldats débarquent en Angleterre. Après quelques opérations peu concluantes, l’inaction imposée sur le territoire britannique est pesante.

    L’armée canadienne est composée de deux corps distincts, sous le commandement du majorgénéral Mc Naughton. Le 1er corps, ou Infantry Corps, compte trois divisions d’infanterie sous le commandement du lieutenant –général Crérar. Le 2ème corps, ou Armoured Corps, groupe deux divisions blindés commandées par le lieutenant-général Sansom, plus deux brigades de blindés indépendantes, un régiment de chars d’intervention et cinq régiments d’artillerie moyen calibre, tenus en réserve.

    armee-canadienne-en-guerre.jpg

    Le 30 décembre 1941, Churchill déclare à la Chambre des Communes du Canada : « l’Armée Canadienne actuellement en Angleterre ronge son frein et n’attend que le moment de se mesurer à l’adversaire ; je vous assure que d’ici quelques mois, l’armée canadienne pourrait se trouver engagée dans l’une des batailles les plus épouvantables que le monde ait jamais connues… »

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    Opération Jubilee : un raid sanglant

    Au printemps 1942, la situation des Alliés est délicate. L’Allemagne triomphe sur tous les fronts.
    Conçu dans l’idée de donner des gages de bonne volonté aux Russes qui réclament l’ouverture d’un second front, le Raid sur Dieppe vise à entretenir chez les Allemands la crainte d’une attaque à l’ouest et de les contraindre à redistribuer leurs forces pour réduire la pression à l’Est.

    L’Opération Rutter, programmée le 8 juillet 1942, est annulée en raison de très mauvaises conditions atmosphériques. Finalement reportée, elle est rebaptisée Opération Jubilee. Son objectif sur le plan militaire ? Déterminer s´il est possible de s´emparer d´un port en vue d’un débarquement des très nombreuses troupes nécessaires pour libérer l´Europe.

    Au matin du 19 août 1942, de Sainte-Marguerite à Berneval, huit plages de la région dieppoise sont le théâtre de combats. Chacune des attaques a pour objectif des sites stratégiques. Ce coup de main ne doit pas durer plus de 10 heures.
    6 100 hommes de huit nationalités au moins sont engagés à terre, sur mer et dans les airs : 5 000 Canadiens, des commandos britanniques, des Américains, des Polonais, des Tchèques, des Australiens, des Néo-Zélandais ainsi que des éléments des Forces françaises libres.

    De lourdes pertes
    plage-dieppe-2.jpgL’Opération Jubilee se solde par un bilan dramatique : les Alliés enregistrent 1 200 tués (dont 913 Canadiens), 1 600 blessés et plus de 2 000 prisonniers. Parmi la population civile de la région dieppoise, le bilan fait état de 48 tués et d’une centaine de blessés. L’armée du Reich comptabilise pour sa part près de 600 morts ou disparus et près de 300 blessés. Ainsi, plus de 1 800 personnes trouvèrent la mort au cours de cet affrontement de moins de dix heures.
    Un chiffre qui traduit l’intensité des combats du Raid du 19 août 1942 sur Dieppe.
    Particulièrement meurtrière, l’Opération Jubilee demeure controversée. On retiendra toutefois qu’elle fut riche d’enseignements pour la préparation du Débarquement du 6 juin 1944 sur les plages de sable de Basse-Normandie.

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    Dieppe : un échec total

    Cinq régiments débarquent sur la plage de Dieppe. A 5h20, les deux premières attaques, précédées par un bombardement naval de dix minutes, sont lancées par le Royal Hamilton Light Infantry, sur la partie ouest de la plage de Dieppe, dite “plage blanche”, et l’Essex Scottish, à l’est, sur la “plage rouge”.
    Pendant toute leur approche, les unités canadiennes sont sous le feu des batteries allemandes. Dès qu’elles posent pied sur la terre ferme, elles subissent des tirs de front et d’enfilade d’une effroyable intensité.

    Des pertes énormes
    Les tireurs d’élite allemands déciment l’encadrement de l’Essex Scottish. Toutes les tentatives de franchissement des murets de la digue recouverts de barbelés échouent et causent d’énormes pertes.
    Sur la “plage blanche”, le Royal Hamilton subit un déluge de feu identique, mais quelques unités appuyées par des Fusiliers Mont-Royal réussissent à s’emparer du rez-de-chaussée du casino (alors à l’emplacement de la piscine des Bains). Quelques petits groupes parviennent ensuite à s’infiltrer en ville vers l’église Saint Rémy, mais ils refluent rapidement sous la pression des contre-attaques allemandes.
    plage-19-8-42web.jpgLes chars du Calgary Regiment cumulent également les difficultés. Débarqués en retard - avec des groupes d’accompagnement du Génie Royal Canadien pratiquement anéantis – ces blindés manquent cruellement à l’infanterie durant les premières minutes de l’attaque, les plus critiques. Sur les 50 chars Churchill prévus, seuls 27 réussissent à débarquer et peinent à gagner les pelouses. Malgré leur appui, aucune avancée n’est possible. Les murs de béton qui barrent les accès vers l’intérieur de Dieppe demeurent infranchissables. Même immobilisés, ils appuieront néanmoins l’infanterie, contribuant à la retraite.
    Les hommes du Commando A des Royal Marines sont les derniers à débarquer. Eux non plus ne pourront pas accomplir leur mission.
    A 9h35, commençant à se rendre compte de l’ampleur du désastre, le commandement allié donne l’ordre de retraite. Celui-ci est fixé à 11 heures. A 13h08, les derniers survivants se rendent aux hommes du 571e Régiment d’Infanterie allemand. 450 hommes auront donné leur vie sur la plage de Dieppe.

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    Des incursions réduites en centre ville

    Débarquées sur la “plage blanche” - partie ouest de la plage - quelques unités du “Royal Hamilton” se lancent à l’assaut, traversent la plage sous un déluge de feu et parviennent, après une heure de combat, à s’emparer du rez-de-chaussée du casino - alors situé à l’emplacement de la piscine des Bains - que les Allemands ont transformé en blockhaus très puissamment défendu. De petits détachements progressent même au-delà.

    Celui que commande le capitaine Hill atteint l’église Saint-Rémy, mais, isolés, ses hommes sont contraints de refluer vers la plage.

    Le sergent Hickson et son groupe de dix-huit hommes, dont la mission est de faire sauter le central téléphonique, traversent le casino et le Petit théâtre, pénètrent dans la ville et attaquent, au corps à corps, un point d’appui allemand dont ils éliminent les défenseurs et parviennent à regagner la plage. Deux de ces soldats canadiens sont tués derrière l’église Saint-Rémy, dans l’actuelle rue du 19 août 1942.

    Sur le flanc Est, seul le groupe du sergent-major Stapleton de l’Essex Scottish parvient à ouvrir une brèche dans les barbelés, à traverser les pelouses et à progresser vers le port.

    Dieppe-1942-rue-St-Remi.jpg

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    Un désastre pour les Fusiliers Mont-Royal

    Débarquées sur la “plage blanche” - partie ouest de la plage - quelques unités du “Royal Hamilton” se lancent à l’assaut, traversent la plage sous un déluge de feu et parviennent, après une heure de combat, à s’emparer du rez-de-chaussée du casino - alors situé à l’emplacement de la piscine des Bains - que les Allemands ont transformé en blockhaus très puissamment défendu. De petits détachements progressent même au-delà.

    Celui que commande le capitaine Hill atteint l’église Saint-Rémy, mais, isolés, ses hommes sont contraints de refluer vers la plage. Le sergent Hickson et son groupe de dix-huit hommes, dont la mission est de faire sauter le central téléphonique, traversent le casino et le Petit théâtre, pénètrent dans la ville et attaquent, au corps à corps, un point d’appui allemand dont ils éliminent les défenseurs et parviennent à regagner la plage. Deux de ces soldats canadiens sont tués derrière l’église Saint-Rémy, dans l’actuelle rue du 19 août 1942.

    Sur le flanc Est, seul le groupe du sergent-major Stapleton de l’Essex Scottish parvient à ouvrir une brèche dans les barbelés, à traverser les pelouses et à progresser vers le port.

    Dieppe-1942-casino.jpg

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    Puys : le sacrifice du Royal Regiment of Canada

    A Puys, dénommée “plage bleue” (Blue beach), la mission des hommes du “Royal Regiment of Canada” et du “Black Watch” (Royal Highland Regiment) consiste à s’emparer de la batterie “Bismarck” et à prendre position sur la falaise de Neuville pour protéger le débarquement sur la plage de Dieppe.

    Le succès de cette opération exige silence et obscurité. Ces deux facteurs font défaut ! A 5h05, lorsqu’ils passent à l’assaut de cette plage de galets extrêmement étroite barrée par un énorme mur de béton et surplombée de falaises abruptes, les soldats Canadiens sont accueillis par de très violents tirs des nids de mitrailleuses et de mortiers installés sur les hauteurs. La première vague d’assaillants est complètement décimée. De plus, à la faveur du lever du jour, les Allemands ajustent leurs tirs tandis que les bâtiments de la marine sont en retard suite à une erreur de cheminement.

    plage-Puys-soldats-morts.jpg

    L’intervention tourne au massacre. Privés d’appui, les survivants s’entassent au pied du mur surmonté de barbelés. Seuls quelques hommes emmenés par le lieutenant-colonel Cato parviennent à franchir cet obstacle, sans pouvoir aller très loin tant la riposte des éléments du Luftnachtrichten Regiment est nourrie.

    A 6h30, l’opération se solde par un désastre. Les troupes sont immobilisées sur les galets. Leur évacuation est rendue impossible par le feu ennemi. Ultime solution pour sortir vivant de cet enfer : la reddition !

    Sur plus de 550 soldats débarqués, 231 sont morts, les autres sont faits prisonniers. Jamais en une même journée au cours de toute la guerre, une unité canadienne ne subira autant de pertes humaines que sur la plage de Puys. Et tout cela, en seulement deux heures…

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    Un combat de chasseurs

    La bataille aérienne qui se déroule le 19 août 1942 dans le secteur de Dieppe est l’une des plus importantes depuis la Bataille d’Angleterre (août-décembre 1940) par le nombre d’appareils : 864 pour les Alliés, 450 pour les Allemands.

    Le début des opérations semble confirmer les vues des tacticiens alliés, puisque jusque vers 9h, la maîtrise du ciel et l’initiative appartiennent aux appareils de la Royal Air Force. Pendant que les Spitfires assurent une couverture défensive entre 300 et 3000m d’altitude, les chasseurs bombardiers Hurricanes, les bombardiers moyens Blenheims et Bostons tentent de museler les défenses allemandes.

    dieppe_chasseurs.jpg

    Malheureusement, ce bombardement a un résultat pratiquement nul, le calibre des armes de bord (20mm) et la puissance insuffisante des bombes (150 et 250kg) ne parvenant pas à entamer le béton des casemates et à réduire au silence les nombreuses batteries allemandes.

    Avantage à l’aviation allemande
    En tout début de matinée, les avions allemands sont peu nombreux, une brume persistante gêne considérablement les décollages des Jagdgeschwader (escadres de chasse) situés sur les aérodromes de Saint-Aubin, Deauville, Evreux, Dreux, Beaumont-le-Roger, St-Omer, Abbeville et Beauvais. A partir de 9h, les Focke-Wulf 190 et les Messerschmidt 109 apparaissent de plus en plus nombreux au-dessus de la région dieppoise. Les pilotes de la Luftwaffe compensent alors leur infériorité numérique par des ravitaillements extrêmement rapides.

    Les combats s’intensifient et bientôt de nombreuses colonnes de fumée noire marquent dans tout le secteur les points de chute des appareils abattus. Les bombardiers allemands (“Junker” 88, “Dornier” 17, “Heinkel” 111) tentent de s’en prendre à la flotte de débarquement, sans grand succès. Seul le destroyer Berkeley est touché. La bataille est essentiellement une affaire de chasseurs, engagés dans des dizaines de combats tournoyants de 300 à 5000 m d’altitude.

    Le bilan de ces affrontements n’est pas favorable à l’aviation alliée qui accuse un taux de perte d’appareils de l’ordre de un pour deux : 106 contre 48 pour la Luftwaffe.

    Par contre, les tacticiens tirent un certain nombre d’enseignements de cette bataille et peuvent élaborer de nouvelles méthodes de combat, tant pour les missions de chasse que pour les bombardements.

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    La défense allemande à Dieppe

    Dans le courant du premier trimestre 1942, l’armée allemande mène activement la défense des côtes de la Seine-Inférieure (Seine-Maritime depuis 1955). Des canons en batteries semi-enterrées sont implantés. Des nids de mitrailleuses sont installés dans les falaises.
    Ces multiples positions sont des objectifs du Raid du 19 août 1942.

    defense-allemande.jpg

    A Dieppe, plusieurs blockhaus couvrent l’esplanade de la plage. Trois rideaux de barbelés, écartés de 5 mètres les uns des autres, isolent l’esplanade de la mer. Le réseau bordant le mur de la plage a plus de 2 mètres de large. De plus, ces barbelés se rétablissent automatiquement après le passage d’un char. Toutes les constructions du front de mer sont transformées en véritables fortins. Les accès au centre ville sont barrés de murs antichars…
    Depuis début août 1942, les Allemands sont en alerte sur la zone ouest. La possibilité d’une attaque sur les côtes belges ou françaises est envisagée. Des renforts terrestres sont envoyés dans le secteur. L’aviation est dispersée sur plusieurs terrains. Les pilotes poursuivent leur entraînement et participent à des exercices de combat. L’un deux s’achève le 17 août 1942. Il simulait un débarquement sur… Dieppe !

    Dieppe est d’ailleurs très bien positionnée dans le dispositif côtier de surveillance aérienne. Un des huit radars Freya disposés de la Belgique au Havre est installé à Pourville et la Royal Air Force a ordre de ne pas le détruire pour permettre d’en récupérer des éléments.

    Côté mer, excepté la présence présumée de mines, la marine allemande ne surveille que la frange côtière, ce qui explique une approche sans encombre jusqu’à l’accrochage à l’est du convoi avant le début des opérations terrestres.
    Côté hommes, les Alliés estimaient les effectifs allemands à environ 2000 soldats sur le secteur de l’Opération Jubilee le 19 août 1942.

    Un chiffre sous-évalué. Dieppe et ses environs sont alors notamment occupés par la 302e division d’infanterie commandée par le Generalmajor Conrad Haase dont le Q.G. est à Envermeu. Elle sera ensuite surnommée, “Division de Dieppe”.

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    Le radar Freya, objectif de l’Opération Jubilee

    Le radar Freya, dont les imposants ancrages de béton sont encore visibles sur le coteau est de la vallée de Pourville, était un équipement capable de détecter des échos aériens distants de plus de cent kilomètres. C’était un des huit radars du même type disposés le long des côtes de la Belgique au Havre. Il constitua pour les Alliés, un des objectifs de l’Opération Jubilee. Certains avancent même qu’il aurait à lui seul motivé l’expédition sur Dieppe.

    L’une des missions des hommes du South Saskatchewan Regiment débarqués à Pourville était d’attaquer cette installation. Dans un contexte de course à la suprématie dans la détection, il semble qu’il s’agissait de compléter les informations collectées lors du coup de main opéré à Bruneval (actuelle commune de Saint-Jouin-Bruneval), dans la nuit du 27 au 28 février 1942, sur le dispositif Wurzburg.

    radar-freya.jpgUn spécialiste de la détection anti-aérienne à la R.A.F., Jack Nissenthal, les accompagnait. Il avait pour rôle de recueillir des renseignements techniques sur cette station de surveillance aérienne. Selon les versions, entre quatre et dix hommes étaient chargés de l’abattre s’il tombait aux mains de l’ennemi. Il portait d’ailleurs un sac à dos bleu ciel afin d’être facilement identifié. S’il est admis qu’il ne put pénétrer dans l’installation, il est dit qu’il parvint à s’en approcher suffisamment en dépit du feu adverse pour en couper l’alimentation – il fut constaté que la station ne disposait pas de ligne de secours - et fournir un rapport dont les précisions permirent de compléter les informations recueillies précédemment - notamment à Bruneval - sur les défenses allemandes. Si cet homme réussit à rembarquer, en revanche, un seul de ses gardes du corps survécut.

    C’est pour cette raison que la Royal Air Force avait pour ordre de ne pas détruire cette installation, laissant du même coup un moyen de détection précieux à disposition de l’aviation allemande.

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    Deux cents navires engagés

    Au soir du 18 août 1942, plus de deux cents navires appareillent de quatre ports anglais : Southampton, Portsmouth, Shoreham et Newhaven. La plupart servent au transport.

    peniche.jpgQuarante-huit sont chargés d’apporter un soutien de feu. Pour leur part, seize chasseurs de mines sécurisent deux voies de 720 m de large au milieu de la Manche. L’entrée de ces deux couloirs est signalée par quatre petites unités, des Motor launch. Malgré que de petits bateaux aient manqué ces chenaux, la flotte de l’Opération Jubilee progresse en silence et sans encombre sur une mer peu agitée et sous un ciel étoilé. Jusqu’au petit matin…
    A une dizaine de milles des côtes, les navires de transport se mettent au mouillage. Les LCA (Landing craft assault, péniche de débarquement) sont mis à la mer puis les troupes sont transbordées. Les chaloupes prennent ensuite la direction de leurs plages respectives. Soudain, à l’extrême Est de la flotte, l’imprévisible se produit.

    Il est 3h47. La tête du groupe 5, en route vers Berneval et Saint-Martin-en-Campagne, se retrouve au contact d’un convoi allemand en provenance de Boulogne. Un bref, mais violent accrochage éclate à trois milles des côtes. Le bruit de ce combat naval alerte les défenses côtières allemandes toutes proches qui entrent en action moins de dix minutes après l’engagement.
    Heureusement, l’obscurité règne encore et la Kriegsmarine estime qu’il ne s’agit que d’une escarmouche avec une patrouille britannique. La réussite de l’opération est toutefois contrariée. Plusieurs barges sont coulées et le groupe 5 est dispersé.
    Pour le reste de la flotte, les opérations de débarquement se déroulent plus ou moins bien.

    A Pourville, Varengeville et Sainte-Marguerite, les troupes sont mises à terre sans problème particulier. En revanche, à Dieppe, des difficultés de communication entre les unités à terre et le Calpe, le navire de commandement, perturbent les opérations.
    Surtout, la résistance allemande est beaucoup plus nourrie et plusieurs unités sont touchées.

    200navires-engages.jpg

    Cibles privilégiées de l’aviation allemande en raison de leur rôle, les bâtiments d’appui frappent vers les positions ennemies localisées sur les falaises, mais faute de liaison avec les troupes, leur tirs manquent de précision.
    Au moment du rembarquement, la flotte bravera la mitraille ennemie pour ramener les troupes vers l’Angleterre. Mais au total, trente-quatre navires (destroyer et unités de transport diverses) sont perdus.

    Le HMS Berkeley, par exemple, touché accidentellement par les bombes d’un Dornier pris en chasse par des appareils de la RAF, est torpillé par un autre destroyer de Sa Majesté vers 13h40 pour éviter qu’il ne tombe aux mains de l’ennemi. La cloche de ce navire, remontée à la surface par des plongeurs du Grieme (Groupe de recherche et d’identification d’épaves de Manche Est) en 2001, est exposée au Mémorial du 19 août 1942.