Interventions et discours | 20/01/2012

Voeux au Centre Hospitalier de Dieppe

Monsieur le Directeur, vous avez été nommé et prenez vos fonctions dans un contexte très difficile pour tous les secteurs d’activités du pays, mais en particulier pour le secteur de la santé qui comme tous les secteurs publics, est soumis à une logique prioritaire et aveugle de rentabilité.

En guise de bienvenue, je puis vous assurer de toute ma solidarité, de toute ma disponibilité pour être à votre écoute et à l’écoute  de l’ensemble des personnels de l’établissement hospitalier, soignants et non soignants, afin de chercher à répondre à vos demandes. Demandes qui ne visent pas seulement, je le sais, à respecter les conditions de travail, mais aussi à offrir les garanties de pouvoir assurer aux patients une bonne qualité des soins dispensés.

La santé n’est pas un coût mais un investissement. Ce slogan est largement développé aujourd’hui par les responsables du mouvement mutualiste. L’impact sur la santé,  sur les besoins de soins, des récentes mesures qui les contraignent à devoir augmenter les cotisations de mutuelle dans un ordre de grandeur sans commune mesure avec l’augmentation du coût de la vie, et surtout l’absence de hausse du pouvoir d’achat des gens, constituent une véritable arme de dissuasion pour les plus défavorisés à se soigner.

Plus globalement, le coût de la santé a augmenté 2 fois plus vite que le coût de la vie. Au-delà, c’est tout le système de protection sociale qui se voit remis en cause :

- Développer les exemples : déremboursements, hausse du forfait hospitalier…

Quant aux personnels, à Dieppe comme partout, faute d’effectifs suffisants, de moyens à la hauteur…

- Développer les conséquences comme les heures supp qui ne peuvent être ni payées ni récupérées, les agents et leurs syndicats refusant légitimement de les capitaliser dans un compte épargne temps…

Dans ce contexte de forte adversité, la mission du Directeur comme celle du Président que je suis, c’est d’être, avant tout,  attentif à la situation que cela crée au quotidien, de soutenir des demandes justes, de lutter pour obtenir les moyens d’y répondre, bref à entretenir un véritable dialogue social qui a sans doute manqué dans la période récente.

- Partie sur les problèmes de santé en général. Reprendre les titres des chapitres et les résumés de l’article de l’Huma du 27/11.

- A l’heure où la santé publique est menacée par ceux qui sous couvert de rationnaliser organise un véritable rationnement, favorise le secteur marchand/privé par rapport au secteur public……. Ensemble nous devons contribuer à dresser un diagnostic de la maladie qui frappe le système hospitalier et réfléchir ensemble pour avancer des propositions de vraies réformes….

- Le système de paiement à l’activité (TAA à vérifier) est l’outil de recherche de la rentabilité des soins qui est antinomique avec la qualité.

- La carte hospitalière de santé qui comme toutes les autres cartes est guidées par cette logique (Carte Judiciaire, Carte scolaire…) conduisent :

-          à dissuader les logiques de proximité en éloignant les gens des services nécessaires à leurs besoins fondamentaux au plus proche de chez eux

-          et donc à grever leur pouvoir d’achat déjà tant mis à mal

-          à renier sur la qualité des soins

-          à exclure de fait les plus fragiles

Ici nous avons à organiser la relation avec St Val, Eu, Neufchâtel

Avoir placé la gestion du système hospitalier sous couverts des ARS peut avoir en apparence le goût d’une aspiration légitime à la décentralisation mais cela n’en a pas la saveur. Cette décision et la méthode qui l’accompagne va à l’inverse de ce qu’il faut dans la mesure où la logique de la gestion comptable  l’emporte systématiquement sur la recherche de l’amélioration des moyens, alors que, dans le même temps, les progrès de la science et de la technique permettraient de développer une offre de soin de qualité de manière considérable.

Nous devons  donc  continuer à défendre notre territoire de santé, dans le cadre contraint du SROS avec le souci de maintenir au mieux l’offre de soin, les intérêts fondamentaux des patients, bref, la vocation première de la médecine.

Nous avons malgré tout des motifs de satisfaction et des espérances :

- lister les avancer (bilan + mettre en avant le rôle du Maire/Président et de la Ville)

- et poursuivre les efforts dans le même sens au Château Michel où nous avons engagé l’humanisation des bâtiments.

D’ailleurs la véritable espérance, elle passe par vous Monsieur le Directeur et tout ceux qui sont ici. C’est cette volonté de résister aux difficultés extrêmes sans jamais rompre, c’est cet engagement pour privilégier l’humain d’abord, c’est cette générosité dans l’engagement envers les patients, qui sont les de la réussite de notre hôpital.

Sébastien Jumel,
maire de Dieppe, vice-président du Département