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  • Blogs / “Mon stage à la Nasa”, par Quentin Wargnier 14/07/15

    Premières semaines, premières impressions

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    Environ 3 semaines que je suis arrivé en Californie et j'ai déjà vécu beaucoup des choses ici. Mes premières impressions ont été assez particulières. 

    Je suis arrivé à l'aéroport de San Francisco après 11 heures de vol, certes dans un bel Airbus A380, mais le trajet était extrêmement long. J'avais prévu le coup en réservant ce qu'on appelle un « super shuttle », navette qui vous prend à l'aéroport et vous amène direct chez vous pour une somme de 37 dollars ! La première chose que je me suis dite en sortant de l'aéroport de San Francisco c’est : « wouah ! » Des routes qui se chevauchent partout, des panneaux de toutes les couleurs, des grosses voitures… bref, le choc !

    J'arrive ensuite chez moi, et là, très grosse déception. Pour environ 1 000 euros par mois, la chambre est très basique : une table, un petit rangement, un truc en bois pour soutenir un matelas et c'est tout ! De plus, l'état de la maison est franchement limite. Je me souviens avoir eu peur d'être dans cette situation, mais ayant signé le contrat et ayant fait ces milliers de kilomètres il était trop tard ! J’avais très envie de dormir mais il n'y avait aucun drap, oreiller. Sauf que je ne connais pas l'endroit donc je ne sais pas où aller, et je connais personne donc je ne sais pas à qui parler !

    Je suis allé dans un magasin pour acheter de quoi dormir et de quoi me faire à manger. Fort heureusement les magasins sont à 100 m de chez moi et ça, c'est vraiment génial. Et là je rencontre par hasard un Français, qui me parle et me dit où acheter les couvertures, etc. À ce moment-là, il est 17 h 30. À 18 heures je dors et je me réveille à 6 heures le dimanche.

    Pour ceux qui m'ont suivi sur ma page, je suis ensuite parti à la NASA pour la première fois. À pied ! Soit 5 km environ pour 1 heure de trajet et je me suis perdu plusieurs fois. Et n'ayant pas la 3G, donc pas internet, la seule façon de me repérer était le nom des rues que j’apprenais par cœur.

    J'ai donc juste vu la façade de la NASA et c'était juste incroyable de se dire que j'étais enfin arrivé là-bas ! De grands bâtiments, un grand campus : un truc de fou. Il y a également la plus grande soufflerie du monde. Soufflerie qui sert à simuler l’aérodynamisme autour d’une aile d’avion ou encore à voir comment se passe le déploiement d’un parachute en vol.

    La fatigue devient pesante, je décide quand même d'aller le lendemain à San Francisco. Mais encore une fois n'ayant pas internet, j'ai dû mémoriser les rues sur Google map et me repérer avec les différents bâtiments. San Francisco est la ville la plus excentrique que j'ai jamais vue : de grands buildings partout, des routes avec des côtes incroyables, des gens bizarres… Je visite donc les rues et le port, les endroits les plus mythiques comme le quartier chinatown, le Golden gate.

    Le lendemain c’est mon premier jour à la NASA, mais je vais vite être déçu. En fait, pour commencer, la NASA est divisée en deux grandes parties : le Ames Park et le Research Park. Le jour de mon arrivée j'étais dans le Research Park, mais dans un bureau où il n'y avait pas d'ordinateur, donc rien pour travailler. La première semaine je n'ai rien fait de spécial, car j'attendais un ordinateur, j'ai donc surtout lu certains documents et posé des questions à des profs de mon école par mail pour approfondir la compréhension du sujet.

    Je me suis renseigné aussi sur l'ouverture d'un compte bancaire américain pour être payé et aussi renseigné sur les forfaits téléphoniques – totalement inutiles d'ailleurs pour l'utilité que j'en aurai : il faut savoir qu'aux States il y a internet à peu près partout !

    La seconde semaine je change de bureau à la NASA pour être dans le Ames Park, et je visite ainsi le centre de la NASA, avec la grande soufflerie. Impressionnant. D'autres choses également m'ont impressionné : le campus est très grand avec différents domaines de recherches : astrobiologie, robotique, planétologie, études des étoiles, aéronautique, etc.

    Je rencontre ensuite deux autres Français situés juste à côté de mon bureau qui vont m'aider. Une fois l'ordinateur en marche, j'installe les premiers logiciels qui vont s'avérer utiles pour les calculs et pour mon modèle ! 

    Au final depuis mon arrivée j'ai rencontré très peu d’Américains, mais beaucoup d'Européens ! Cela facilite franchement les choses. Un soir je rencontre également des Californiens dans un bar dans la ville où je vis, et le lendemain je pars à San Francisco dans un parc complément déjanté avec des gens bizarres ( des gens pieds nus, des gens ivres…). Un lieu assez incroyable avec une ambiance particulière !

    La troisième semaine passe, avec la routine du travail et un rythme assez régulier. Je commence à connaître bien la ville qui au final n'est pas si grande, et je repère les endroits clés, bref je suis finalement adapté à la situation.

    Je visite ensuite San José, ville absolument magnifique. Pas très grande, mais vraiment belle avec un petit centre-ville ! En passant par San José à vélo je visite Winchester house, une maison hantée. Mais déçu, par rapport au prix (environ 30 €) pour visiter un manoir certes excentrique mais sans rien de spécial. Une chose à noter également, c'est qu'ici, tout est grand et tout est multiplié par 10 par rapport à l'Europe, ce qui veut dire que lorsque vous vous déplacez pour faire quoi que ce soit, il faut faire des kilomètres, vélo ou voiture ! Le moyen de transport : à pied, n'existe pas ! Par conséquent j'ai du faire environ 30/35 kilomètres à vélo lorsque je suis allé visité San José. En tant que non sportif au début c’est problématique…

    Le lendemain, j'ai eu la chance de rencontrer d'autres personnes (Américains, Caraibéens et Italien) pour aller à la plage de Santa Cruz. Ce n'est pas la plus belle plage de Californie, mais en tant que Dieppois, il me fallait à un moment respirer l'air marin ! 

    Enfin, j’ai également visité le campus de Stanford considéré comme une des meilleures universités au monde. Et c’est vraiment encore une fois démesuré. Tout est énorme et les étudiants ont vraiment tout ce qu’ils veulent. Des stades de foot américains comparable à la plupart des stades de foot de ligue 1. Bref c’est vraiment très grand et surtout très beau.

    Un mot sur la météo : la nuit il fait frais et le jour très chaud. Il fait 95 % du temps grand ciel bleu avec plus de 25/26 degrés. Parfois des vents frais. Le matin souvent, c'est nuageux, il fait un peu frais mais l'aprèm le plus souvent il fait très chaud et très beau. Bref c'est vraiment le temps idéal.

    Je suis passé par divers sentiments depuis mon arrivée ici. En fait, avant de venir en Californie j’étais excité et j’avais très hâte de découvrir cette aventure mais j’avais également peur de l’inconnu, et j’étais stressé à l’idée de devoir m’adapter à la situation. Mais ce n’est pas la première fois que je me retrouve dans une telle situation puisque je suis déjà parti en Allemagne deux ans auparavant. Mais ce qui était surtout stressant, c’est ne pas savoir à quoi s’attendre, ne pas savoir comment on va pouvoir se déplacer, comment vivre, à qui parler, comment les gens travaillent à la NASA, est-ce que cela va être intense ? Bref beaucoup de questions avant mon arrivée…

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  • Blogs / “Mon stage à la Nasa”, par Quentin Wargnier 11/06/15

    Un pari fou

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    Mon accès à l'aérospatial s'approche. Au cours de ma deuxième année de classe prépa, je passe plusieurs concours et mon classement sur l'un d'entre eux me permet d'intégrer une école moins bien classée, mais avec des débouchés dans l'aéronautique/aérospatial. En fait, à la fin de cette année de prépa, les profs m'avaient demandé de redoubler ma deuxième année en classe étoile pour intégrer une meilleure école et travailler mon anglais en parallèle mais j'ai refusé. Je n'en voyais pas l'intérêt et j'avais une autre idée en tête. Plutôt que de faire un an de prépa en plus, je me suis dit que j'allais intégrer une école moins bien classée avec pour objectif d'être dans les dix premiers pour cent de la promotion de l'école.

    Au final, c'est un peu ce qui s'est passé. Et cela m'a ouvert beaucoup d'opportunités. Je décide d’intégrer SUPMECA.

    En première année, je fais un stage découverte d'un mois chez Snecma Safran Vernon pour découvrir le monde de l'aérospatial. Ce site est spécialisé dans la conception et l'étude du moteur Vulcain 2 d'Ariane 5. Ce stage a confirmé mon intérêt pour le domaine aérospatial et donc j'avais envie de poursuivre sur cette voie. Un an plus tard, j'ai la chance de pouvoir travailler à l'agence spatiale allemande pendant cinq mois sur ce même moteur Vulcain 2 qui me passionnait.

    Je travaille pendant ce stage sur un aspect mécanique/thermique de la chambre de combustion du moteur et je réalise des simulations pour comprendre certains phénomène qui se produisent dans ce moteur. Je travaille avec des chercheurs sur un domaine que je connaissais pas, avec un logiciel que je ne maîtrisais pas. Mais je m'en sors et je pose énormément de questions (parfois trop) à mes encadrants. 

    À l'été 2014, mes résultats sont publiés et présentés dans le contexte d'une conférence à l'AIAA (the American institute of aeronautics and astronautics) qui s'est tenu aux États-Unis. Cette année là, je mets en valeur cette publication, mon stage ainsi que mon classement à l'école et j'intègre Centrale Paris en master 2 pour me spécialiser dans un domaine qui m'intéressait beaucoup : la mécanique des fluides/aérospatial.

    A Supmeca, j'ai été déçu par le fait qu'il n'y avait pas (ou trop peu) de cours sur ce domaine. Beaucoup des cours sont axés sur la mécanique du solide pur et cela m'intéressait beaucoup moins que la mécanique des fluides. C'est la raison pour laquelle je quitte Supmeca pour aller à Centrale Paris dans ma dernière année.

    À partir de là, les choses vont devenir assez étranges. Je tente pour la deuxième fois d'aller à la NASA (dès la rentrée en septembre) mais c'est un refus immédiat. Puis je tente l'Agence spatiale européenne, l'Estec, mais il fallait attendre janvier pour les résultats. Ensuite, j'ai réussi à avoir plusieurs entretiens de stage de fin d'études chez Arianespace, Airbus et Dassault. Après les entretiens, je suis pris à tous ces stages, mais en parallèle, j'ai toujours un petit espoir d'aller à la NASA. Ça me paraissait irréel et bizarrement, j'avais envie d'y croire.

    J'apprends ensuite qu'une personne importante de la NASA arrive à Centrale pour une inauguration. Je vais à cette inauguration en mode « entretien ». Je parle une fois puis une deuxième fois à cette personne et j'obtiens sa carte. Avec en bonus, le sujet sur lequel il veut travailler. À partir de là, les choses deviennent très compliquées. Il y a eu cette fameuse semaine de la mort où j'ai pris un risque assez fou, mais qui valait le coup. Arianespace, Airbus et Dassault me contactent pour me donner un délai d'une semaine pour donner ma réponse officielle (pour venir chez eux). En parallèle je constitue un dossier pour la NASA et je l'envoie. Vient la fin de la semaine où j'avais le choix entre : aller chez Arianespace, Dassault ou Airbus, ou refuser les trois offres et attendre une réponse. J'ai choisi la deuxième option, et pendant plusieurs jours, je me suis retrouvé sans stage avec l'attente de la réponse de la NASA.

    Petite anecdote d'ailleurs : même la personne de la NASA m'avait conseillé de choisir une offre autre que la NASA car il n'était pas sûr. J'ai donc eu peur et j'ai légèrement regretté mon choix. J'avais pris un trop gros risque, mais il était trop tard. Finalement, j'ai été sélectionné par la NASA pour faire mon stage de fin d'étude dans le domaine astrophysique.

    Bref après des chemins un peu compliqués parfois, j'atteins mon rêve, là où je voulais aller depuis toujours et travailler sur un sujet dans un environnement qui me passionne.

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  • Blogs / “Mon stage à la Nasa”, par Quentin Wargnier 11/06/15

    Mon parcours vers l'aérospatial

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    Je m'appelle Quentin Wargnier. J'ai 22 ans et je suis originaire de Dieppe. Je suis issu d'une famille de marins. Mon oncle travaillait sur les car ferries, mon grand-père, mon cousin et un autre oncle sur les chalutiers.

    Je suis allé en primaire à l'école Jules-Ferry, puis au collège Georges-Braque pour ensuite aller au lycée la Providence et enfin réaliser ma terminale au lycée Jehan-Ango.

    Dès la primaire, je me suis interrogé sur le pourquoi du comment des choses. Comment la vie sur Terre était apparue ? Pourquoi nous en sommes là ? Qu'est ce que le big bang ? Qu'est ce que l'univers, les étoiles les galaxies, les trous noirs ? J'ai donc eut un intérêt pour l'astrophysique très tôt, mais c'était plus une passion qu'autre chose. C'était un centre d'intérêt pour moi, même si effectivement depuis mon enfance, je rêvais quand même de travailler sur ces sujets.

    Au collège, je voulais faire médecine, et plus précisément ORL. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être parce que j'ai eu pas mal de problèmes avec mes oreilles étant plus jeune ? Le déclic s'est produit pour moi au lycée, à la Providence. Au collège, j'étais un élève plutôt normal avec des notes correctes, mais je me souviens surtout que j'aimais faire quelques conneries, je n'étais pas si sage que ça en fait.

    Et puis j'arrive ensuite à la providence au lycée avec un drame personnel qui m'a un peu déstabilisé et qui a bouleversé le cours des choses. Mais le déclic s'est fait assez rapidement quand j'ai commencé à suivre les cours de maths et de physique. Je ne saurai expliquer pourquoi (peut être j'avais envie d'être plus sérieux à ce moment là), mais mes notes avaient augmenté.

    La seconde se passe et la 1ère S également avec toujours l'idée en tête de faire médecine (mais avec quand même toujours cette passion très présente pour l'astrophysique). Et puis arrive la terminale S à Ango. Je passe le bac, et puis après de longues discussions avec mon entourage, je me lance le défi de faire une classe préparatoire aux grandes écoles, avec l'idée de pouvoir toujours retomber sur mes pattes en cas de problème.

    J'arrive ainsi à Corneille, à Rouen, à 17 ans, seul dans un appartement place Cauchoise. En classe prépa, vous êtes avec les meilleurs dans le domaine des maths et de la physique. Bref avec des gens qui sont passionnés ou qui ont des facilités comme vous. Le niveau devient extrêmement élevé et les notes diminuent très rapidement (moyenne en maths en terminale : 18. Première note en prépa : 6 !). Pendant deux ans c'est vraiment la galère et c'est vraiment mettre sa vie entre parenthèse pour la prépa. Le début de la première année se passe très mal pour moi et certains de mes profs me conseillent d'arrêter. C'est là que je me suis repris en main et que j'ai rehaussé mes notes pour tenir le coup et rester dans les quinze premiers de la classe prépa. Mais le plus dur, c'était que j'avais travaillé seul à ce moment là.

    Ensuite, je passe tranquillement la première année et j'arrive en deuxième année, en refusant la classe étoile pour être en confiance en classe non étoile. Pour ceux qui ne connaissent pas, en prépa, vous avez les classes étoiles réservés aux meilleurs, ceux qui intègrent les écoles les plus prestigieuses comme Centrale Paris, Polytechnique…

    Et j'ai effectivement eut raison de faire ce choix. Cette année là, j'avais décidé de travailler avec un ami, et cela avait parfaitement fonctionné. L'année passe. Ensuite, je rencontre tout un groupe d'amis, et l'année se passe parfaitement bien. Je passe ensuite les concours comme tout le monde et à cause de l'anglais, je loupe pas mal de grosses écoles (comme Centrale, Mines…).

    À ce moment, je me suis dit que j'avais envie de finir dans le domaine aéronautique/aérospatial. En tout cas, travailler dans ce domaine qui finalement n'est pas si éloigné du domaine qui me passionne : l'astrophysique. Et l'idée de travailler sur les fusées me faisaient franchement rêver.

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