Après l'avis des services du Préfet, c'est ensemble que nous déciderons.
Depuis plusieurs semaines, alors que la crise économique et sociale n’épargne pas notre ville et ses habitants, alors que le chômage et l’avenir industriel et portuaire de notre territoire est préoccupant, un projet privé d’implantation d’entreprise sur le port, amorcé au printemps 2008, fait actuellement débat à partir d’arguments tous aussi farfelus et démagogiques les uns que les autres qui sont de nature à jeter le trouble dans l’opinion publique, en jouant sur les peurs.
De quoi s’agit-il ? Une entreprise de renommée internationale amenée par le principal opérateur du port de Dieppe, a rencontré différents responsables publics (Etat, Ville, Port...) pour leur présenter leur intention, non pas d’installer une usine de production d’engrais, mais une unité de conditionnement d’engrais destiné au marché national et à l’exportation sur tout le nord de l’Europe.
Jugeant que ce projet amènerait 240 000 tonnes de trafics dans le port (environ 60 % du trafic actuel du bassin de Paris), créerait 50 emplois directs à la clé et plusieurs dizaines indirects et induits et injecterait des millions d’euros dans l’économie locale, est compatible avec la vocation du port de commerce et avec notre réalité industrialo-portuaire qui fait vivre des milliers de familles.
C'est la raison pour laquelle la Municipalité a signé une promesse de vente des anciens terrains Dieppe Fruits (après le vote d’une délibération en Conseil Municipal du mois d’août 2008 par les élus communistes, socialistes et de la société civile) à condition que cette implantation respecte l’environnement et que le produit conditionné n’entraîne aucun danger.
L'étude de ce projet est en cours par les services compétents de l’Etat, nous en attendons les résultats. Dans ces conditions, plusieurs questions se posent.
Est-il utile, nécessaire d’agir pour relancer l’activité économique et portuaire ? A cette question posée pendant la campagne des municipales, les Dieppois ont répondu oui sans ambigüité. Le projet alternatif au nôtre, celui d’un Dieppe de standing, tout tourisme vidé de sa substance et de son identité populaire (et par conséquent de ses emplois industriels et portuaires) a été rejeté.
Dans ces conditions, pour relancer l’activité économique et portuaire, peut-on faire n’importe quoi ? Non, bien entendu. C’est la raison pour laquelle la Municipalité et votre Maire ont demandé aux services de l’Etat de leur fournir toutes les garanties de sécurité avant d’instruire le permis de construire. Si ce projet se trouvait classé à risque ou générait la moindre pollution, il ne se ferait pas à Dieppe, une clause est prévue à cet effet dans le compromis de vente signé en 2008. Nous le disons depuis le début, nous le confirmons avec force.
Si par contre toutes les garanties apportées par l'entreprise sont validées par le Préfet et ses services, faudrait-il renoncer à ce projet ? Non évidemment. A moins d’avoir comme projet non avoué (c’était celui d’une grande partie de la municipalité de droite précédente) de vouloir abandonner toute possibilité de développement portuaire. Mais alors, soyons logiques, les mêmes raisons qui conduisent certains à s’opposer à cette nouvelle implantation doivent les conduire à demander demain le départ et la fermeture d’une bonne cinquantaine d’entreprises situées à Dieppe. Est-ce cela que les Dieppois souhaitent ?
Aujourd’hui, je souhaite solennellement vous dire que ce dossier fait l’objet d’une instruction par la Direction Régionale de l’Equipement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) et qu’en tout état de cause, il appartiendra à Monsieur le Préfet de Région de nous dire si oui ou non ce projet respecte l'environnement, la sécurité et la santé. Il serait alors compatible avec la volonté de la nouvelle municipalité de faire de Dieppe Sud un quartier mariant intelligemment les activités portuaires et les projets de développement urbain avec des projets de bureaux, de logements et de formation.
A la veille d'élections, tout est bon pour tenter d'exister, essayer de se différencier en jetant le trouble, en jouant sur les peurs.
L'objectif est simple : ne pas parler des vrais sujets, au premier titre desquels le pouvoir d'achat et l'emploi. Il faut savoir raison garder.
Après l'avis des services du Préfet, c'est ensemble que nous déciderons en toute transparence – dossier de l'Etat à l'appui – nous vous consulterons sous des formes adaptées.
Si on me demandait demain si je suis favorable à l’implantation d’une entreprise dangereuse et polluante en ville, je répondrais non, la forme de la question conditionnant bien entendu la réponse… Uralchem, et jusqu’à preuve éventuelle du contraire, ne répond en rien à cette définition.
Mes chers concitoyens,
Je suis fils d'un tuyauteur soudeur très malade, atteint par l'amiante, comme nombre de ceux qui ont travaillé dans la métallurgie et la réparation navale et je sais donc, peut être mieux que d'autres, combien il est important, précieux aujourd'hui, de veiller à la santé et la sécurité des travailleurs et de la population.
Père de trois jeunes enfants, j'ai à cœur comme vous tous de vouloir pour les générations futures une vie plus sure, avec du travail. Nous avons la responsabilité de concilier développement et environnement.
Comme Maire, soyez convaincu que cet engagement pour qu'ensemble, Dieppe avance, sera ma seule feuille de route.
Bien à vous.
Sébastien Jumel, maire de Dieppe.