Jessica et Yannick N’Gami, deux lycéens dieppois originaires du Congo dont la famille est menacée d’expulsion, ont reçu le baptême républicain en mairie de Dieppe le 11 juin.
Avant de célébrer cette cérémonie qui place les deux adolescents sous la protection des citoyens dieppois venus nombreux les assurer de leur solidarité, Sébastien Jumel a eu le Préfet au téléphone. Celui-ci a semblé être attentif au fait que la Municipalité allait attribuer un logement en allocation temporaire à la famille et a assuré qu’il prendrait son temps pour réexaminer le dossier avec ces nouveaux éléments sur l’intégration de la famille dans la communauté dieppoise. Cependant, la vigilance reste toujours de mise.
Dans un discours sensible et engagé, le Maire de Dieppe a déploré que la France n’ait pas respecté les engagements pris dans la circulaire de 2006 qui devait permettre la régularisation des familles avec enfants scolarisés. Il a rappelé le parcours des deux adolescents qui n’ont plus d’attache dans leur pays d’origine et dont le rêve est de pouvoir étudier et travailler en France avant d’évoquer la genèse du baptême civil créé lors de la Révolution française.
Cet acte permet de faire entrer les jeunes dans la communauté citoyenne en les faisant adhérer de manière symbolique aux valeurs républicaines. « Cette tradition redonne du corps à notre conception républicaine d’accueil et d’asile qui ont toujours été les valeurs fondamentales de la France », a ainsi déclaré Sébastien Jumel.
Béatrice Delandre, adjointe au maire en charge de la Démocratie locale, et Guillaume Blavette, Professeur d’histoire, ont parrainé Jessica, tandis que Thierry Levasseur, adjoint au maire chargé des Sports, et Yves Vidal, enseignant et animateur du tout nouveau Réseau éducation sans frontière dieppois, ont parrainé Yannick.
Yves Vidal lui aussi a pris la parole avec beaucoup d’émotion, en rappelant que cette menace d’expulsion représentait un traumatisme pour tous les lycéens qui ont pris fait et cause pour leurs amis. Il a terminé son discours en rappelant le slogan d’une banderole lors de la manifestation de soutien organisée le 7 juin : « famille N’Gami, tu resteras ici ».
Bien que graves étant donné les circonstances, la joie pointait dans le regard des deux adolescents congolais et de Monique, leur mère. Ceux-ci assuraient que ces témoignages de solidarité leur allaient droit au cœur et les aideraient à tenir le coup et à résister.