Actualité | 26/04/2010

Traiter les étrangers avec humanité

Une soixantaine de personnes ont assisté à la réunion débat autour du livre “Douce France, Rafles, Rétentions, Expulsions” organisée conjointement par le comité de Dieppe ATTAC et le Réseau Education sans frontières, le 20 avril à la Maison Jacques-Prévert. Lors du débat, l’auteur Olivier Le Cour Grandmaison, un historien engagé spécialisé dans l’histoire du colonialisme et du sort réservé aux étrangers, a montré comment l’intolérance montait dans notre pays et était encouragée dans les plus hautes sphères. Il a été corroboré dans ses propos par Pierre Cordelier, un des fondateurs de RESF qui s’indignait de l’allongement de la durée de rétention des étrangers en situation irrégulière et de l’obligation pour les représentants de l’Etat de «faire du chiffre».

Néanmoins, leurs propos se sont teintés d’une pointe d’optimisme. En effet, selon certains sondages, 68% des Français approuvent le mouvement de grève des Sans papiers.

Dans la salle, Eric Schando, directeur de Centre d’accueil pour les demandeurs d’asile, alertait le public sur le risque de suppression du service des étrangers en sous-préfecture de Dieppe. « Jusqu’ici, 80% des dossiers de demande d’asile recevaient une demande positive, grâce à la proximité, qu’en sera-t-il lorsque les familles que nous accueillons ne seront que des numéros ? », interrogeait le Directeur du Cada.

Eric Schando a également tordu le cou à certains à priori véhiculés par l’imaginaire collectif à savoir que les pays occidentaux accueillent toute la misère du monde. Dans la réalité des faits, 80 % des déplacés pour cause de guerre ou de phénomènes naturels migrent de pays du sud à pays du sud et une bonne partie d’entre eux rentrent chez eux de leur plein gré lorsque les conditions sont réunies.