Le dernier des cinq Conseils de quartier, celui de Janval-Les Bruyères, a été installé le 4 décembre. Près de cent-vingt habitants se sont réunis à la Maison Jacques-Prévert pour en savoir davantage sur ce nouvel outil de démocratie locale et échanger avec les élus municipaux.
Dès cette première réunion, plusieurs habitants, soucieux de l’avenir de Dieppe, ont saisi l’opportunité d’interpeller les élus sur divers sujets. Pour répondre aux interrogations, et notamment au manque d’information et aux inquiétudes liées au projet d’implantation sur Dieppe Sud de l’usine de conditionnement d’engrais Uralchem, Sébastien Jumel n’a pas hésité à bousculer l’ordre du jour.
Tout en restituant les éléments clés de ce dossier qui vise « à redonner du souffle à l’activité portuaire », le Maire a réaffirmé que la Ville avait pris des garanties quant à la santé et la sécurité liées à l’activité pour la cession des terrains et que la décision finale était suspendue aux conclusions des services de l’Etat. « En tant que maire, j’ai la responsabilité de la santé des administrés et je suis par ailleurs père de famille. Si la Dreal, sous l’autorité du Préfet, lui-même sous l’autorité du Ministre, dit qu’il y a des risques, du danger, on ne fait pas, a t-il rassuré. En revanche, si la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement déclare que toutes les conditions sont réunies pour l’implantation de cette société, est-ce qu’il relève de notre responsabilité de dire non ? ».
Si certains comme Gérard Gillet ont exprimé leurs « angoisses » et leur opposition à ce dossier, la position d’un docker a fait contrepoids : « pour mes camarades et moi qui sommes au chômage, Uralchem, c’est peut-être le début du travail ». Les répercussions sur l’emploi, le trafic portuaire, la santé publique, l’environnement ou encore l’espace urbain ont fait jour au cœur du débat qui s’est instauré et sera programmé spécifiquement quant l’Etat aura rendu ses analyses. « Nous organiserons une réunion sur Dieppe Sud et Uralchem quand nous aurons l’avis des services de l’Etat », a répété Sébastien Jumel.
Parmi les autres domaines évoqués avec intérêt par le public, ont notamment figuré la sécurité aux abords des écoles, les aménagements de voirie – y compris pour améliorer la sécurité des cyclistes et des piétons – chemin du Golf et rue Fromager par exemple, la problématique de la consommation d’alcool sur la voie publique, mais aussi la diffusion de l’information des réflexions engagées au sein des Conseils de quartier.
Interrogée également par Frédéric Weisz sur le budget participatif, Béatrice Delandre a rappelé qu’il était de 100 000 euros. « En centre ville, la transformation du quartier Saint-Jacques en quartier piétonnier va être financée dans le cadre de ce dispositif », a illustré l’adjointe au maire en charge de la Démocratie locale.
Pour conclure, Sébastien Jumel a d’ailleurs redit à l’assistance combien la Municipalité souhaitait que les habitants l’aident « à apporter des réponses » pour concevoir l’avenir de Dieppe.
Les vingt-six habitants qui se sont inscrits pour participer au Comité de liaison à l’issue de la réunion ont entendu le message. Sur les cinq Conseils de quartier, ce sont au total cent vingt-sept habitants qui ont choisi de prendre part aux décisions qui concernent Dieppe et les Dieppois.