Dans le cadre de la Journée de la Femme, la Ville de Dieppe, sous la conduite de Béatrice Delandre, adjointe au maire en charge de la Vie associative, et en partenariat avec l’Association dieppoise des Amis de la Commune de Paris, organise une semaine d’animations autour de la condition féminine, du 6 au 13 mars. Orientées sur les volets “Travail”, “Politique” et “Société”, expositions, projection, visite guidée et table ronde sont au programme sous la bannière “Des luttes et des femmes” (voir programmation pages suivantes).
Car cette Journée de la Femme est avant tout contestataire. Née le 8 mars 1910 à Copenhague sous l’impulsion d’une confédération internationale de femmes socialistes en vue de servir à la “propagande” du vote des femmes, cette journée s’est étendue aujourd’hui à la condition féminine.
Cette date fait référence à plusieurs événements. Comme la manifestation d’ouvrières à Saint Petersburg en 1917, pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front. Au 8 mars 1914 aussi, lorsque les Allemandes réclament le droit de vote, qu'elles obtiendront le 12 novembre 1918. Pour mémoire, en France, les femmes obtiendront le droit de vote en avril 1944, un siècle après les hommes, qui votent en France depuis 1848.
Ce droit, les Françaises l’exerceront pour la première fois le 29 avril 1945 lors d’élections municipales. Et si le droit de se faire élire pour les femmes n'est alors que très théorique et symbolique, à Dieppe, une première conseillère municipale fut élue : Raymonde Bloche.
Cent un ans après sa création, cette Journée internationale des Femmes, reconnue comme telle en 1975 par les Nations Unies, conserve-t-elle son esprit contestataire ? L’action symbolique projetée par Anne-Marie Cardon, présidente de Ni victimes ni battues de dissoudre son association d’aide aux femmes faute de subvention, le laisse à penser. D’autres estiment que cette centenaire a pris des rides et qu’une journée ne peut suffire à gommer les traces d’une Histoire faite de différences de traitement. Question de point de vue. De génération, d’éducation… aussi peut-être. Quoi qu’il en soit, malgré quelques clichés, des débats redondants sur la parité, et les railleries de certains hommes, est-il inutile, une fois par an, de se pencher, sans accent féministe, sur la condition des femmes dans le monde et d'évaluer le chemin qui reste à parcourir pour que la femme devienne dans les faits l’égale de l’homme ?
Programme :
Dimanche 6 mars, 15h30, Château-Musée, “Les Femmes dans les collections du musée”, visite commentée par Dieppe Ville d’art et d’histoire.
Lundi 7 mars, 18h30, hall de l’Hôtel de Ville, ouverture officielle de la Semaine d’animations autour de la condition féminine.
Du 4 au 18 mars, hall de l’Hôtel de Ville, exposition “Des luttes et des femmes”. Plusieurs thématiques sont abordées :
Du 8 au 13 mars, Médiathèque Jean-Renoir, mise en avant de la richesse du fonds des bibliothèques sur le thème “Des luttes et des femmes” avec des écrivains d’aujourd’hui. Yannick Lahens, “La place de la Femme dans la société haïtienne”. Virgine Despentes et son regard dérangeant sur la condition féminine. Elfried Jelineck et la relation des femmes avec leur milieu social. Lecture d’extraits de ces textes le midi et en fin de journée au sein de la médiathèque.
Mardi 8 mars, 18h, à l'hôtel de Ville. “La condition féminine”, table ronde autour de trois volets principaux : la Femme et le travail, la Femme dans la société et la Femme au travers des lois. Trois conférencières prêteront leur concours à ce débat avec leur parcours personnel : Odile Gline (écrivain), Corinne Girard Davenet (syndicaliste) et Marie-Pierre Ogel (avocate).
Mercredi 9 mars, 20h30, Dieppe scène nationale, projection de “La journée de la jupe”, comédie dramatique (2008) de Jean-Paul Lilienfield avec Isabelle Adjani. Un jour, un professeur de collège à bout prend ses élèves en otage… En première partie, projection d’un courtmétrage sur la vie de Louise Michel. Un Débat suivra ces deux projections. Tarif : 3 euros par personne.
Vendredi 11 mars, salle des congrès : à partir de 14h, présence d’associations pour présenter leurs actions en faveur des femmes. à 18h, table ronde sur le thème “Les Femmes pendant la Commune de Paris” suivie d’une soirée culturelle, festive et conviviale animée par la chanteuse Maryvonne Le Berre, la comédienne Odile Mauviard, la chorale dieppoise des Amis de la Commune de Paris 1871 et deux comédiens qui feront revivre le procès de Louise Michel.