Sébastien Jumel, Maire de Dieppe, et Lucien Lecanu, son adjoint au Développement économique, se sont rendus sur le chantier de l’EPR I à Flamanville, dans la Manche, le 30 septembre. Cette visite, initiée par la Fédération des maires des villes moyennes, leur a permis de mesurer l’ampleur des enjeux liés à la construction et à l’exploitation à Penly d’un même réacteur nucléaire de nouvelle génération.
«Deux milles personnes travaillent sur le chantier en ce moment pour le montage des bâtiments et un pic à deux mille cinq cent est prévu sur 2010 avec le lancement de la partie électro-mécanique. Ils travaillent, mais vivent aussi sur place», rapporte Lucien Lecanu, qui lit à ce niveau l’importance d’anticiper l’accueil de ces personnels et de leur famille pour profiter localement de l’activité économique générée par ce grand chantier.
«Il y aura possibilité de bénéficier de financements pour les infrastructures, la construction de logements, d’hébergements, d’équipements publics… Et il ne faut pas perdre de vue que ces équipements resteront après le chantier. A Diélette par exemple, ils ont réhabilité en hébergements d’anciens locaux d’extraction de minerai de fer», détaille Lucien Lecanu.
Il est en effet permis d’imaginer que ce chantier représente une phase structurante au moins égale à celle connue il y a trente ans, lors de l’installation des deux premières tranches de Penly. En comptant les sous-traitants et les familles des agents EDF, il est envisageable que la population augmente de façon sensible dans la région.
Sébastien Jumel et son adjoint ont également été impressionnés par les dimensions du chantier et son organisation. «C’est un énorme mécano, avec seize grues, décrit Lucien Lecanu. Il règne un ordonnancement impressionnant. Le travail considérable réalisé en amont est palpable. On touche du doigt la matière grise qui doit s’accompagner d’un savoir-faire qui permette la mise en œuvre des processus».
Encore une fois, l’élu au Développement économique transpose à la région dieppoise les informations collectées à Flamanville : «L’un des enjeux majeurs, c’est que le bassin dieppois bénéficie du chantier en termes d’emplois. Il faut nous y préparer».
D'où l'impérieuse nécessité d’agir au niveau de la formation des jeunes et de l'intérêt pour les entreprises d'enclencher un processus de certification afin d'être en meilleure posture pour répondre aux multiples appels d’offre. Des moyens existent dans ce cadre, et là encore, il faut voir au-delà du chantier de l’EPR. «Avoir travaillé pour EDF, ce sera une référence pour nos entreprises et nos salariés. Penly III représente une opportunité pour une élévation qualitative et durable des savoir-faire de notre territoire».
Le lancement du débat public en janvier prochain fixe les délais : premier béton prévu pour fin 2012.