Actualité | 01/02/2011

Ecoles en danger : la résistance s’organise

Reunion-scolaire« De mémoire d’élu militant, ça fait longtemps que je n’avais pas vu une si importante saignée dans l’Education nationale ! ». C’est par ces propos que Sébastien Jumel a ouvert les discussions lors d’une rencontre avec des syndicats d’enseignants et des représentants des parents d’élèves. Organisé le samedi 29 janvier à l’initiative du Maire de Dieppe, ce rendez-vous avait pour but de faire le point sur les mauvaises nouvelles annoncées récemment par le Rectorat : des écoles maternelles aux lycées, tous les établissements de Dieppe vont être plus ou moins touchés par des suppressions de postes d’enseignants à la prochaine rentrée.

Par exemple, cinq ou six postes seraient supprimés au lycée Emulation dieppoise en septembre prochain. Au lycée Pablo Neruda, trois postes seraient directement menacés, mettant à mal l’avenir de la filière Sciences et technologies industrielles. « La réforme Châtel est en train de tuer la voie technologique, s’est insurgée Claire Guéville, professeur d’histoire-géographie au lycée Pablo Neruda, du SNES-FSU. C’est un véritable plan social ! ».

Par ailleurs, deux ou trois écoles maternelles de Dieppe seraient directement menacées de fermeture. Une réflexion sur un projet de scolarisation des enfants de moins de trois ans sera d’ailleurs prochainement lancée. Néanmoins, le flou est encore de mise sur les dangers de la future carte scolaire établie par le gouvernement et sur le nombre réel de postes supprimés école par école. Depuis la mise en place de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finance), le mode de calcul s’effectue en termes d’Equivalents temps plein (ETP), et non plus en termes de postes. Ce qui permet « un jeu sur le chiffre que le rectorat utilise pour brouiller les cartes », selon Claire Guéville.

Action collective

L’invitation lancée aux syndicats enseignants et associations de parents d’élèves avait également pour objectif d’éviter le piège de l’isolement des combats et de mettre en place, sur la base d’un diagnostic partagé, une action symbolique. « La priorité, c’est de monter une action collective et unitaire face à cette politique du rouleau-compresseur, a souligné avec vigueur Sébastien Léger, président de la FCPE 76 (Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques). La seule façon de résister, c’est de lutter tous ensemble. Il faut faire un appel à la vigilance car tous les établissements scolaires de Dieppe sont menacés ». En clôture de cette réunion, Sébastien Jumel, accompagné d’Emmanuelle Caru-Charreton, adjointe à l’Education, a convié les participants à réfléchir très vite sur un « socle de convergence visant à une expression commune entre la Municipalité et la communauté éducative ».