Dès leur arrivée sur les pontons du port Jehan Ango à Dieppe, les navigateurs ont commenté cette 40e édition de la Solitaire du Figaro. Nicolas Lunven, premier au classement général, est particulièrement fier « d’avoir battu Michel Desjoyeaux et tous les autres » car « Michel, c’est la référence de la course au large en solitaire ». Et le skipper de CGPI d’ajouter : « il y a un mois, si on m’avait parlé de cette victoire, vu le plateau, je n’y aurait jamais cru ».
Epuisé, Yann Eliès (Générali), 2e au classement général, baignait pour sa part entre satisfaction et déception : « j’ai réussi à sauver ma 2e place. Mais ça se passe sur un coup de chapeau. J’ai l’impression qu’il ne fallait pas être devant alors que j’ai passé quatre jours à me battre pour être devant ! ».
Quant à Frédéric Duthil, en tête de la quatrième et dernière étape qui a mené les cinquante-deux figaristes de Dingle (Irlande) à Dieppe, il n’en revenait toujours pas des caprices du vent. « La météo nous a joué encore des tours sur l’arrivée de cette dernière étape ». Le skipper de Bbox Bouygues Telecom a toutefois de bonnes raisons de pester puisqu’il termine à la troisième place au général alors qu’il a été virtuellement vainqueur au cours des dernières heures de course.
Mais Eole avait semble-t-il choisi son vainqueur en la personne de Nicolas Lunven et le navigateur breton, imité par le Professeur Michel Desjoyeaux, n’a pas a rougir de ses choix logiques : « J’y ai cru jusqu’à ce matin, jusqu’à ce soit un vent thermique se lève à l’opposé des vents synoptiques que l’on attendait ! »
Cinquième au classement général, Michel Desjoyeaux se montrait de son côté plutôt fataliste : « je savais que ce serait disputé et ça l’a été. Il n’y a pas de surprises. Pour gagner la Solitaire du Figaro, il ne suffit pas d’avoir du talent. Il faut bosser ! »